Liens entre relations affectives, violence et résultats scolaires

jeudi 24 mai 2007
par  Daniel Favre
popularité : 4%

Vous trouverez ici des informations complémentaires concernant les différentes modalités émotionnelles de la relation interindividuelles (empathie, contagion émotionnelle ou coupure par rapport aux émotions), les différences et les points communs garçons filles et les résultats scolaires.

Il est conseillé d’aborder cette section seulement après avoir lu le chapitre 11 du livre « Transformer la violence des élèves ».

Relations entre les composantes du test Contagion Coupure Empathie et la réussite scolaire en CE2

La réussite scolaire est estimée à partir des notes aux tests d’évaluation en français et en mathématiques qui ont eu lieu pour ces élèves à la fin du CE2. La valeur individuelle du score de l’élève à chacune des composantes "contagion", "coupure" et "empathie" est donnée en fonction de la note globale de l’élève (Fra + Mat). Les notes des élèves de la classe expérimentale sont classées de la plus basse vers la plus haute en allant de la gauche vers la droite.

La figure 1 complète la figure 11.4 du livre.
Successivement on peut observer la relation entre la contagion émotionnelle (1-1 en rouge), la coupure par rapport aux émotions (1-2 en bleu), l’empathie (1-3 en vert) et les résultats scolaires au Cours élémentaire de 2ème année (CE2).

Analyse

La pente des régressions linéaires parait dans chaque cas plus ou moins liée avec la distribution des valeurs individuelles des élèves dont le numéro figure en abscisse :
- la note globale de l’évaluation de la fin du CE2 semble varier proportionnellement et positivement au score en "contagion émotionnelle" mais négativement par rapport au score en "coupure par rapport aux émotions ;
- à ce stade et pour cet échantillon d’élèves, le score en "empathie" ne paraît pas relié sensiblement à la réussite scolaire des élèves.

Signification statistique

En rapport avec notre test CCE, la seule corrélation significative (corrélations linéaires de Pearson) qui apparaît dans la classe expérimentale et se confirme lorsque l’on prend ensemble les élèves des classes témoins et expérimentales, c’est la corrélation négative entre la "coupure par rapport aux émotions" et la réussite en français (r = - 0, 383 avec p = 0,011), le lien négatif existe également avec la réussite en mathématiques mais il n’est pas significatif, en revanche, la corrélation reste négative avec l’ensemble des résultats (français + mathématiques) (r = - 0,347 avec p = 0,023).
De plus, l’indicateur de notre test "coupure par rapport aux émotions" au début du CM1 est également négativement corrélé avec les résultats en français évalué en début de sixième (r = - 0,378 avec p = 0,012), la corrélation reste négative avec l’ensemble des résultats (français + mathématiques) (r = - 0,339 avec p = 0,026).

En ce qui concerne le BEES, celui-ci est corrélé un peu plus faiblement et positivement à la réussite scolaire en français (r = 0, 335 avec p = 0,028) mais lorsque l’on cumule les résultats en français et en mathématiques la corrélation n’est plus significative, cependant elle demeure avec les résultats en français à l’entrée en sixième (r = 0,354 avec p = 0,020).

Enfin, les résultats en français et en mathématiques sont fortement et positivement corrélés (r = 0, 709 avec p < 0,01) dans les deux classes (r = 0,620 pour la classe expérimentale et r = 0, 669 pour la classe témoin et p < 0,01 dans les deux cas et avant intervention pour la classe expérimentale).

Test contagion-empathie-coupure (CEC) ou CCE et test de l’empathie de Mehrabian (BEES)

Le C.C.E. et le B.E.E.S. se présentent comme deux tests distincts. La divergence est très faible en ce qui concerne la "coupure par rapport aux émotions" et les items du B.E.E.S. négatif mais elle est plus importante en ce qui concerne les deux autres composantes du C.C.E. : la "contagion émotionnelle" et surtout l’empathie. Le B.E.E.S. se situe entre ces deux composantes. Ce résultat correspond à la conception nord-américaine de l’empathie selon laquelle la contagion émotionnelle, la sympathie et l’empathie sont confondues.

Voir la description de ce test dans la section « tests utilisés ».

Figure 2 : Cercle de corrélation des variables de l’analyse en composantes principales des résultats des élèves du secondaire aux tests B.E.E.S. et C.C.E. (axes 1 et 2).

Les nombres correspondent aux numéros des élèves expérimentaux (nombre impairs) et témoins (nombre pairs) positionnés en fonction des différents tests, cette mesure a été effectuée avant la formation des enseignants.

Évaluation des effets de la variable sexe au collège en Suisse

L’appartenance à un sexe paraît décisive au vu de la différence que l’on observe par rapport à la violence scolaire. L’étude menée vise à établir s’il existe des modalités de la relation affective spécifiques chez les garçons et chez les filles. Seront distinguées : les trois dimensions du test CEC (la contagion émotionnelle, l’empathie, la coupure par rapport aux émotions appelée aussi « défense »), les deux dimensions du BEES et les cinq dimensions de l’estime de soi.

Les figures 3 et 4 permettent de voir comment les adolescents et les adolescentes se répartissent par rapport aux axes constitués par les différentes modalités de la relation affective à l’autre. La figure 3 complète la figure 11.3 du livre.

Figure 3 : Cercle de corrélation des variables de l’analyse en composantes principales des résultats des adolescentes et des adolescents suisses aux tests B.E.E.S. et CEC (diagrammes en étoiles centrées sur les moyennes des groupes).

Chaque nombre correspond à un élève, son emplacement sur ce diagramme permet de le situer en fonction des différentes modalités : contagion, coupure, empathie ou BEES, en bleu et avec G : les numéros des garçons et en rouge et avec F : les numéros des filles. Sur cette figure, les groupes filles et garçons sont nettement séparés mais les barycentres (les points moyens) des filles sont plus proches de la contagion émotionnelles et du B.E.E.S. et les garçons plus proches de la coupure par rapport aux émotions. Mais il y a des exceptions : remarquez comme la jeune fille F239 est « exilée » en haut à gauche chez les garçons en coupure par rapport aux émotions, c’est grâce à cela que nous avons pu la repérer et la signaler. Son cas fera l’objet d’une analyse dans la partie consacrée aux « études de cas » page 145 du livre, ainsi que G157, un garçon avec un fort score de contagion émotionnel en bas à droite.
Ce panachage de bleu dans le rouge et réciproquement relativise l’existence d’un déterminisme biologique sur les modalités émotionnelles de la relation interindividuelle et interroge les pratiques éducatives.

Évaluation des effets de la variable sexe et de la variable réussite scolaire au collège en Suisse

La figure 4 permet de voir comment les adolescents et les adolescentes suisses des filières courtes (sortie en 3ème vers un métier) et des filières longues (sortie vers l’enseignement général au Lycée) se répartissent par rapport aux axes constitués par les différentes modalités de la relation affective à l’autre.

Cette figure complète la figure 11.6 du livre.

Figure 4 - Analyse en composantes principales permettant de différencier garçons et filles des Filière Longues et Courtes avec les résultats au B.E.E.S. (total seul) et C.C.E. (diagrammes en étoiles centrées sur les moyennes des groupes).

Sur cette figure, les groupes filles et garçons sont nettement séparés, mais les barycentres (les points moyens) des filières longues sont plus proches de l’empathie que celui des filières courtes. Dans le cas des filières courtes, les filles sont plus proches de la contagion émotionnelle et du B.E.E.S. total et les garçons plus proches de la coupure par rapport aux émotions que dans les filières longues.


Portfolio

Figure1-1 Figure1-2 Figure 1-3 Figure 2 Figure 3 Figure 4

Navigation

Articles de la rubrique