Transformer la violence des élèves

Cerveau, motivation, apprentissages

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4/ Quelles modifications faudrait-il apporter à la formation des enseignants pour résoudre ces problèmes de violence ?

Avec cette question, on aborde l’objet de la troisième partie de mon livre (en volume 110 pages). Elle consiste à apporter des réponses pratiques (conceptuelles et concrètes sous formes d’exercices) aux six questions ou problèmes suivants :

1. Comment le langage intervient-il dans la genèse et la régulation de la violence et dans l’ouverture de la pensée au nouveau ?

2. Comment faire évoluer les pratiques d’évaluation et les dispositifs pédagogiques pour qu’ils ne contribuent pas à affaiblir l’élève ? (l’élève affaibli pouvant devenir affaiblissant)

3. Comment enseigner à des élèves qui ne ressemblent pas à l’élève que nous avons été ? Comment prendre en compte les peurs sociales qui alimentent les processus de violence et distinguer l’autorité qui rend dépendant et affaiblit l’élève de l’autorité qui l’aide à développer son autonomie ?

4. Comment éduquer et former pour parvenir à s’affirmer sans affaiblir et à confirmer affectivement l’existence des autres ?

5. Comment faire évoluer les pratiques d’enseignement pour que l’élève puisse simultanément se socialiser et acquérir des savoirs ?

6. Quelles valeurs développer auprès des élèves face aux valeurs compétitives de la société ?

Six points-clés pouvant faire l’objet de formation vont s’efforcer de répondre à ces questions.

1 - Le développement d’une « sensibilité épistémologique », pour que les enseignants puis leurs élèves parviennent à percevoir les modifications, depuis la pensée dogmatique vers la pensée ouverte, lorsque l’individu accepte de se laisser déstabiliser par la nouveauté dans les apprentissages et par autrui quand il diffère de soi.

2 - Le travail sur la relation à l’erreur, visant à décontaminer l’erreur de la faute en la faisant sortir du registre moral, pour éviter de démotiver les élèves dans leurs apprentissages.

3 - L’établissement d’une relation d’autorité, décontaminée de la domination-soumission, et qui contribue à l’affermissement d’autrui.

4 - L’éducation à l’affirmation de soi non-violente, à l’empathie et au renoncement à la manipulation. Un effet attendu de cette éducation est le développement du « langage intérieur », celui-ci permettant de remplacer les automatismes par la régulation consciente des comportements.

5 - L’utilisation de dispositifs d’apprentissage susceptibles de favoriser de façon synergique la transmission des savoirs et le développement des savoir-faire démocratiques. Il s’agira ici de rapprocher la didactique et la socialisation des élèves, ce qui demande de savoir gérer de manière non-violente les conflits et les frustrations, inévitables et nécessaires dans une société.

6 – La nécessité d’un changement de valeurs pour permettre à un sujet potentiel d’émerger et pour renoncer à l’affaiblir par la violence ou la manipulation. La prévention de la violence débouche donc sur l’identification des valeurs qui favorisent cette prévention et nécessite de les distinguer de celles qui s’y opposent.

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