Transformer la violence des élèves

Cerveau, motivation, apprentissages

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Comparaison entre élèves violents français et canadiens du Québec

Le deuxième objectif a été de comparer les élèves violents aux élèves témoins français et québécois sur les troubles du comportement. Les résultats des analyses de variance aux tests de l’inventaire du comportement du jeune (Achenbach et Edelbrock, 1991) sont présentés dans le tableau 2.

Voir ci-dessous le fichier pdf :

Tableau 2.

La première échelle mesure le “retrait”, la tendance à s’isoler, à ne pas communiquer, à la timidité et d’une manière générale à la sous-activité. Les valeurs restent basses légèrement au-dessus de la moyenne mais en dessous de la limite pathologique qui est de 9 pour les garçons et de 8 pour les filles de cet âge. A signaler cependant qu’en France les élèves “cas” ont un score moyen (2,8) plus faible que les élèves témoins (3,82) qui présentent ici la valeur la plus élevée de l’ensemble de la population testée. En France, il n’y a pas de différence significative entre les deux groupes d’élèves. Au Québec, la différence entre les cas et les témoins est significative (F=7,57 ; p = ,007).

La deuxième échelle indique la tendance à la somatisation : maux de têtes, nausées, douleurs diverses. Les valeurs restent faibles pour les 138 élèves testés, le seuil pathologique est de 3 pour les garçons et de 4,5 pour les filles. Cette fois-ci ce sont les élèves français Témoins qui présentent le moins de somatisation et il n’y a pas de différences significatives avec les élèves cas. Il y a des différences significatives au Québec entre les élèves cas et témoins (F = 17,76 ; p = ,000).

La troisième échelle exprime le degré d’anxiété et de dépression des élèves, il est estimé à travers différents comportements qui traduisent la culpabilité, la crainte, la peur d’être non valable, la peur d’être non aimé, la tristesse. La différence significative entre les cas et les témoins est ici nettement marquée dans les deux pays : France F = 7,49 ; p = ,007 ; Québec F = 12,84 ; p = ,000). Le score obtenu à cette échelle par les premiers est proche de la limite pathologique qui est de 11 chez les garçons et de 12 chez les filles.

La quatrième échelle donne une estimation des problèmes sociaux que rencontrent les jeunes (rejet, pleurs, recherches des plus jeunes que soi, etc.). Les différences sont significatives entre les élèves cas et témoins français (F = 21,43 ; p = ,000) et québécois (F = 16,68 ; p = ,000). Dans ce cas, la limite pathologique reste presque atteinte : 9 pour les garçons et 7 pour les filles. Aussi, les témoins des deux pays ont un score très bas même si ce sont les scores des québécois qui sont les plus proches de la normale.

La cinquième échelle vise à identifier des troubles psychologiques compulsionnels, obsessionnels ou d’ordre hallucinatoire. Les scores moyens restent très bas dans tous les cas et en dessous de la limite pathologique (2,5 pour les garçons et 2,7 pour les filles). Il existe une différence significative entre les cas et les témoins québécois (F = 9,76 ; p = ,002)

La sixième échelle fournit une mesure des problèmes d’attention et de concentration des élèves. Le seuil pathologique est à 18-20 pour les filles et 27 pour les garçons. Les différences cas-témoins sont significatives dans les différents pays (France : F=23,23 ; p=,000 ; Québec : F=50,02 ; p=,000) et restent en moyenne en dessous de la limite pathologique. Ce sont encore ici les témoins québécois qui ont le score le plus bas (moyenne de 3,60) et donc qui présentent le moins de troubles d’attention.

La septième échelle évalue les comportements délinquants. La différence cas-témoins est significative dans les deux pays (France : F = 29,45 ; p = ,000 ; Québec : F = 89,05 ; p = ,000). Les cas québécois (moyenne = 7,67) et français (moyenne = 5,76) dépassent le seuil pathologique qui est de 5 chez les garçons et de 7 chez les filles.

La huitième échelle quantifie les comportements agressifs. Les cas français (F = 53,92 ; p = ,000) et québécois (F = 78,15 ; p = ,000) se distinguent très nettement et significativement des témoins. Le seuil clinique des comportements anormaux est dépassé (il se situe à 18-19 pour les filles et 23-24 pour les garçons) car les cas français ont une moyenne de 23,64 et les cas québécois ont une moyenne de 23,14. De plus, comme on peut le constater, les valeurs entre les deux pays sont très proches.

Les “autres problèmes” évaluent des comportements comme "dort en classe", "se ronge les ongles", "harcèle sur le plan sexuel". Les cas des deux pays obtiennent des scores significativement différents de ceux des témoins (France : F=11,16 ; p=,001 ; Québec : F= 30,29 ; p=,000).

Une échelle mesurant les comportements intériorisés anormaux est obtenue en combinant les échelles 2 et 3. La différence entre les cas et les témoins québécois est significative (Québec : F = 15,89 ; p =, 000), les cas dépassant en moyenne le seuil pathologique fixé entre 10 et 11 pour les garçons. Il faut souligner que le score des témoins Français qui est élevé (moyenne de 9,00) ne se différencie pas des cas (moyenne 12,36) (France : F = 2,15 ; p = 1,45).

Une échelle mesurant les comportements extériorisés anormaux est obtenue en combinant les échelles 7 et 8. Les cas sont ici très différents des témoins et largement au-dessus du seuil de pathologie situé à 7-8 pour les filles et 14-15 pour les garçons (France : F = 53,48 ; p =, 000 ; Québec : F= 91,05 ; p = ,000).

Il existe également des différences significatives entre les garçons et les filles au niveau de l’évaluation des troubles du comportement. On peut constater un effet d’interaction sexe x cas principalement sur les syndromes exprimant des comportements extériorisés (F = 5,37 ; p = ,002) que sont les troubles de l’attention (F=11,83 ; p= 001), les comportements agressifs (F = 4,86 ; p = ,030), les comportements délinquants (F = 4,08 ; p = ,046) et les autres comportements (F = 5,18 ; p = ,025). Ces résultats indiquent qu’il y a des différences entre les garçons cas et témoins ou les filles cas et témoins.

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